Semaine Sainte Jour 7

 

Conférence Vendredi Saint 

 

Depuis Dimanche nous sommes entrés dans la Grande semaine, avec ce thème de la Semaine Sainte:

 «Descendre dans la Mort pour remonter dans l’AMOUR Victorieux du Christ Ressuscité !»  

     Chers amis retraitants et priants depuis hier, nous sommes entrées dans  notre Pâque avec Jésus après avoir hier compris que:

Aujourd’hui encore, Gethsémani existe

Parmi les amis de Jésus, beaucoup somnolent douillettement, tandis que les Judas (nombreux) travaillent dans le noir.

Ses amis d’un jour qui n’osent pas se compromettre

Les Marc et autres s’enfuient « Alors tous les disciples l’abandonnèrent et s’enfuirent » (Mt 26, 56).

Les Pierre renient : « Je ne connais pas cet homme » (Mt 26, 74) jure Pierre.

Ses ennemis invisibles

Les divisions internes dans son Église.

Les séductions du bien-être et de l’argent de la société de consommation.

Ses faux témoins

La presse partisane et certains réseaux sociaux sur Internet, qui tronquent les messages de l’Église.

Les fausses nouvelles et les publications calomnieuses.

Ses flagellations et crucifixions d’aujourd’hui

Incendies et vandalismes d’églises. Emprisonnements arbitraires de prêtres, de religieuses et d’évêques. Massacres de chrétiens et de prêtres et religieux. Massacres et génocides de populations (parfois même de chrétiens entre eux). (c.f. Carême chrétien.)

Après avoir découvert et accepté du moins je l’espère que Le Père n’a pas empêché la mort atroce de son Fils Unique, son Bien-Aimé. Ce fait est une sorte d’« archétype » qui nous montre très clairement deux choses. Tout d’abord, que la souffrance et même la déchéance ne sont jamais signes d’un moindre amour de la part du Père. Et par conséquent, que la souffrance n’est pas vaine.

Tout l’absurde auquel peuvent mener la bêtise et l’aveuglement de l’homme est ressaisi par l’amour tout-puissant de Dieu, capable de faire entrer même l’absurde dans son plan de salut et ainsi de lui donner sens.

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Aujourd’hui après l’Heure des Ténèbres voici le jour du repos et du Grand silence avant le surgissement de la VIE. Jour du grand Sabbat de Dieu

« Joseph alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Puis il le descendit de la croix, le roula dans un linceul et le plaça dans une tombe taillée dans le roc, où personne encore n’avait été mis. C’était le jour de la préparation, et déjà pointait le sabbat. » Lc 23,52-54

Le silence du samedi saint est un passage vers la Résurrection, vers une vie profondément renouvelée. Le mystère le plus obscure de la foi est en même temps le signe d’une espérance qui n’a pas de limite.

Au commencement était le Verbe et le Verbe était Dieu. Au commencement, Dieu dit. Et pendant six jours, la Parole créatrice a fait jaillir la vie. Gn 1,1 ss

Le septième jour est le jour sans parole, c’est le jour du grand silence, le jour du repos, le jour où Dieu se tait : c’est le sabbat.

Jésus fut mis au tombeau alors qu’on entrait en sabbat. En remettant l’Esprit, « il poussa un grand cri » (Mc 15,34), ce cri qui récapitule tous les cris dans la nuit sans réponse des hommes souffrants, hier et aujourd’hui. Ce cri introduit dans un grand silence pour nous faire passer au creuset du jour sans parole.

Pourquoi ce passage ? pourquoi ce chemin par cette profondeur de nuit, de désolation, de souffrance et d’absence ? Pourquoi la nuit tombe en plein jour ?  Le Dieu caché en ce monde constitue le vrai mystère du samedi saint. Il y a une angoisse – la vraie, celle qui est nichée dans la profondeur de nos solitudes – qui ne peut être surmonté au moyen de la raison, mais seulement par la présence d’une personne qui nous aime.

Le samedi saint, c’est se laisser atteindre par la Parole de l’Amour transformatrice qui descend jusqu’en nos lieux de solitude d’abandon.

C’est un silence qui est passage pour une nouvelle naissance. L’Ecriture nous dit que le sabbat du repos du Fils de l’Homme est le sabbat de la Pâque. C’est le passage toujours à vivre.

C’est un silence qui se fait matrice, un silence de re-création et de relèvement et qui porte la prophétie de la consolation, du pardon et de la réconciliation.

L’enjeu pour chaque être humain, c’est de naître à nouveau de ce passage. Dans la traversée de ce passage avec le Christ est l’enjeu de notre vie, ce passage vers la vraie vie.

« Je reste silencieux, je n’ouvre pas la bouche, car c’est Toi qui es à l’œuvre. » Ps 38,10

Que se passe-t-il dans ce grand silence ? C’est la descente du Christ « au séjour des morts ». Il a véritablement traversé l’épaisseur de la mort jusqu’au bout. Il a vécu Lui-même en premier « ce passage de la mort à la vie ».

Le samedi saint est le temps où le Christ descend dans nos lieux de mort, il franchit la porte de la solitude : il pénètre jusqu’à la racine des chemins de destruction, il vient « visiter et sauver ce qui est perdu », il nous appelle à sortir de nos captivités, il vient nous libérer de nos chaînes. Lc 4,18-19

L’icône de la descente aux enfers appelée aussi icône de la Résurrection déchiffre notre espérance et nous expose à la vie.  « Eveille Toi, ô toi qui dors »  (Epiphane de Salamine)

Silence du samedi saint : Jésus, le Christ, descend dans nos enfers, le cœur transpercé, il traverse toute violence. Il vient chercher Adam, Eve, et nous rejoignant chacun dans nos vulnérabilités pour nous rendre à la vie. Dans sa profondeur, l’homme ne vit pas de pain, il vit du fait qu’il est aimé et qu’il est rejoint dans son besoin de Amour.

Dieu vient habiter les parties de nous-mêmes le plus enfouies, les plus verrouillées, l’endroit même où la torsion, le nœud ont pris naissance, se sont formés.

« Dans ce lieu symbolique du séjour des morts, Jésus a vécu un véritable combat pour arracher l’être humain à la mort dans laquelle il a pu s’enfermer, pour l’amener à sortir de ses tombeaux intérieurs »    ( A. Gesché in « Dieu pour penser » p. 164-193)

« Nous le savons en effet, toute la création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement. Et non pas elle seule : nous-mêmes qui possédons les prémices de l’Esprit, nous qui gémissons nous aussi intérieurement dans l’attente de la rédemption de notre corps. Car notre salut est objet d’espérance ; et voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer : ce qu’on voit, comment pourrait-on l’espérer encore ? Mais espérer ce que nous ne voyons pas, c’est l’attendre avec constance. »         Rm 8, 22-25

Samedi saint : c’est un temps d’éveil, d’intense écoute, attentif à « la brise légère » qui fait signe, qui appelle à se « lever de nos tombeaux ».

C’est le temps et le lieu  de nous laisser imprégner par la force de la parole et de la vie du Christ.

« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » Jn 14,6

CONDUIS-MOI, UN PAS À LA FOIS …

Conduis-moi, douce Lumière à travers les ténèbres qui m’encerclent.

Conduis-moi, toujours plus avant !

Gardes mes pas, je ne demande pas à voir déjà ce qu’on doit voir là-bas :
Un seul pas à la fois, c’est bien assez pour moi !

Je n’ai pas toujours été ainsi et je n’ai pas toujours prié, pour que tu me conduises, Toi, toujours plus avant.

J’aimais choisir mon sentier, mais maintenant : conduis-moi, Toi, toujours plus avant !

Si longuement Ta puissance m’a béni ! Sûrement elle saura encore me conduire toujours plus avant par la lande et le marécage,

sur le rocher abrupt et le flot du torrent jusqu’à ce que la nuit s’en soit allée …

Conduis-moi, douce Lumière, conduis-moi, toujours plus avant !

Henry Newman

Sainte Résurrection à tous!

 

Ecouter chant du jour : Dieu caché

 Nous vous recommandons d’avoir un petit cahier sur lequel vous pourrez noter les fruits de votre prière. Et ainsi à la fin de ce carême pouvoir relire les merveilles de Dieu dans votre vie ! Nous sommes à votre disposition pour répondre à vos questions et pour vous accompagner personnellement sur ce Chemin. N’hésitez pas à nous écrire ! et à vous abonnez au blog pour recevoir les derniers articles ou à laisser un commentaire au bas de cette page.

Bondyé béni zot byen béni

Fr Patrick-Marie (Fdsl)

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